Dans le BTP, 1 entreprise sur 3 cite les retards de paiement comme première cause de difficultés de trésorerie. Connaître vos droits est la première étape pour se faire payer dans les délais.
En France, les délais de paiement dans les marchés privés sont encadrés par la loi LME (Loi de Modernisation de l'Économie) de 2008, codifiée à l'article L.441-10 du Code de commerce. Elle fixe un délai maximum de 60 jours à compter de la date d'émission de la facture — ou 45 jours fin de mois.
Pour les marchés publics, le délai est plus court : 30 jours pour l'État et les hôpitaux, 50 jours pour les collectivités territoriales. Ces délais sont d'ordre public : aucun contrat ne peut les dépasser, même si c'est écrit dans les CGV.
Attention : ces délais courent à partir de la date de réception de la facture, pas de son envoi. Avoir une preuve d'envoi (email avec accusé de réception, lettre recommandée) est donc essentiel.
Dès le premier jour de retard, des pénalités sont dues de plein droit — sans mise en demeure préalable. Vous n'avez pas besoin de demander la permission : elles sont automatiques.
Marchés privés
Taux directeur BCE + 10 points
Environ 13-14% par an actuellement. Ce taux est révisé deux fois par an par la Banque centrale européenne.
Marchés publics
Taux directeur BCE + 8 points
Légèrement inférieur au taux privé, mais toujours significatif pour des retards de plusieurs semaines.
Indemnité forfaitaire
40 € par facture
Indemnité pour frais de recouvrement, automatiquement due avec les intérêts de retard. Cumulable.
Amende administrative
Jusqu'à 2 millions €
En cas de pratiques abusives répétées, la DGCCRF peut infliger des amendes aux donneurs d'ordre.
La mise en demeure par lettre recommandée
C'est le préalable incontournable. Elle doit préciser le montant dû, les intérêts de retard calculés et le délai accordé avant action judiciaire (souvent 8 jours). Elle peut déjà suffire à débloquer la situation.
L'injonction de payer
Procédure rapide et peu coûteuse devant le tribunal. Le juge rend une ordonnance sans audience contradictoire si la créance est incontestable. Délai moyen : 2 à 4 semaines.
Le référé-provision
Quand la créance est certaine et non sérieusement contestable, le juge des référés peut ordonner une provision sous 15 jours. Plus rapide qu'un procès au fond.
La DGCCRF pour les abus systémiques
Si un donneur d'ordre impose des pratiques illégales à de nombreux sous-traitants, le signalement à la DGCCRF peut déclencher une enquête et des sanctions.
L'action directe du sous-traitant
Le sous-traitant peut agir directement contre le maître d'ouvrage en cas de non-paiement par l'entreprise principale, dans la limite des sommes dues par le maître d'ouvrage.
Vérifiez la solvabilité avant de signer
Une vérification Kbis et un bilan simplifié vous évitent de travailler pour un client en difficulté.
Exigez un acompte
Un acompte de 20-30% à la signature engage le client et teste sa bonne foi dès le départ.
Facturez par situations d'avancement
Sur les grands chantiers, ne pas attendre la fin pour facturer protège votre trésorerie.
Mentionnez les pénalités dans vos CGV
Les intérêts de retard et l'indemnité de 40€ doivent figurer dans vos conditions générales pour être opposables.
Les délais de paiement dans le BTP sont encadrés par la loi. Vous avez des droits précis — mais encore faut-il les connaître et les faire valoir. Un processus de facturation rigoureux, des relances systématiques et la connaissance des recours disponibles font la différence entre une trésorerie saine et une spirale d'impayés.
N'attendez jamais de vous retrouver en difficulté pour agir. Dès le premier retard, relancez. Dès la deuxième relance sans réponse, mettez en demeure. La fermeté n'est pas agressive — c'est professionnelle.
Chalto vous permet de suivre l'état de vos documents, d'envoyer des rappels automatiques et de conserver une trace horodatée de chaque validation client.
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